Recette du piquenchâgne de Françoise : un dessert traditionnel bourguignon

Recette du piquenchâgne de Françoise : un dessert traditionnel bourguignon

Dans les campagnes bourguignonnes, certaines recettes traversent les générations sans jamais perdre leur âme. Le piquenchâgne de Françoise en est l’exemple parfait : un dessert rustique et généreux, à base de poires et de pâte briochée, qui sent bon les cuisines d’antan. Peu connu en dehors de la Bourgogne, ce gâteau mérite pourtant une place de choix sur toutes les tables. Voici comment le réussir, même sans être un grand pâtissier.

30 minutes

45 minutes

moyen

€€

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

1. Préparer la pâte levée

Dans un petit bol, délayez la levure sèche dans le lait tiède (pas chaud, environ 35°C — tiède : une température douce, comme celle d’un bain de bébé). Laissez reposer 10 minutes jusqu’à ce que le mélange mousse légèrement. Dans le bol du robot pâtissier, versez la farine, le sucre et le sel. Ajoutez les œufs battus, puis le mélange lait-levure. Pétrissez à vitesse moyenne pendant 5 minutes. Incorporez le beurre mou en petits morceaux et pétrissez encore 8 minutes. La pâte doit être souple, lisse et légèrement collante — c’est normal, ne rajoutez pas trop de farine !

2. Laisser lever la pâte

Couvrez le bol d’un torchon propre et laissez la pâte lever dans un endroit chaud et sans courant d’air pendant 1 heure. Elle doit doubler de volume. Cette étape s’appelle la pousse ou la fermentation : la levure produit du gaz carbonique qui fait gonfler la pâte. Si votre cuisine est froide, placez le bol dans le four éteint avec un verre d’eau chaude à côté.

3. Préparer les poires

Égouttez soigneusement les poires en conserve. Coupez-les en lamelles épaisses. Dans un bol, mélangez-les avec la cannelle, le sucre vanillé et le marc de Bourgogne. Le marc de Bourgogne est une eau-de-vie obtenue par distillation des résidus de raisin après le pressurage du vin : il apporte un parfum intense et typiquement bourguignon. Laissez mariner 15 minutes pendant que la pâte lève.

4. Monter le piquenchâgne

Préchauffez votre four à 180°C (chaleur tournante). Beurrez généreusement le moule à manqué. Dégazez la pâte en appuyant dessus avec le poing — dégazer signifie chasser le gaz accumulé pendant la fermentation pour obtenir une texture régulière. Divisez la pâte en deux portions égales. Étalez la première au fond du moule avec les doigts, comme une pizza. Répartissez les poires marinées dessus en couche régulière. Couvrez avec la seconde portion de pâte étalée. Soudez bien les bords en pinçant la pâte.

5. Cuire et dorer

Badigeonnez le dessus du gâteau avec un peu de lait ou d’œuf battu à l’aide du pinceau en silicone pour obtenir une belle dorure. Cette technique s’appelle la dorure : elle donne une couleur appétissante et brillante à la cuisson. Enfournez pour 40 à 45 minutes à 180°C. Le piquenchâgne est cuit lorsqu’il est bien doré et qu’une lame de couteau plantée au centre ressort sèche. Laissez tiédir 15 minutes avant de démouler.

Margaux

Mon astuce de chef

Pour un piquenchâgne encore plus parfumé, remplacez la moitié du marc de Bourgogne par du sirop des poires en conserve réduit à la casserole : vous obtenez une saveur concentrée et moins alcoolisée, idéale si des enfants sont à table. Et si votre pâte colle trop aux doigts lors du montage, humidifiez-les légèrement avec de l’eau froide plutôt que de fariner — cela préserve la légèreté de la mie.

Boisson conseillée

Le piquenchâgne, avec ses notes de poire et de marc, s’accorde merveilleusement avec un cidre doux artisanal légèrement pétillant, qui apporte fraîcheur et fruité sans écraser les arômes du gâteau. Pour une version sans alcool, un jus de poire artisanal légèrement frais sera tout aussi élégant et mettra en valeur le fruit du dessert.

L’info en plus

Le piquenchâgne est un dessert traditionnel du Morvan et de la Bourgogne du Sud. Son nom vient du patois bourguignon et désigne littéralement le poirier sauvage — pique-en-chêne dans certaines variantes dialectales. Autrefois préparé pour les grandes occasions et les fêtes de famille, il était réalisé avec les poires ramassées dans les vergers. Chaque village, chaque famille possède sa propre version : certains l’aromatisent à la cannelle, d’autres au rhum ou au marc. Françoise, comme beaucoup de grand-mères bourguignonnes, en a fait sa signature.

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