Le bonet piémontais, ce dessert emblématique du Piémont italien, allie avec finesse les saveurs du cacao et des amaretti dans une texture fondante qui évoque à la fois le flan et le pudding. Marina, cuisinière passionnée rencontrée par Julie Andrieu lors de son périple gastronomique en Italie, transmet ici sa version familiale de ce classique. Cette recette, transmise de génération en génération dans les familles turinoises, se distingue par son mariage audacieux entre douceur lactée et amertume délicate du chocolat. Un dessert qui raconte l’histoire d’une région et la générosité d’une tradition culinaire séculaire.
20
60
moyen
€€
Ingrédients
Ustensiles
Préparation
1. Préparer le caramel
Dans une casserole à fond épais, versez les 100 grammes de sucre destinés au caramel avec deux cuillères à soupe d’eau. Faites chauffer à feu moyen sans remuer, en surveillant attentivement. Lorsque le sucre prend une belle couleur ambrée, retirez immédiatement du feu. Versez rapidement ce caramel dans votre moule à charlotte en le répartissant bien sur le fond et les parois en inclinant le moule dans tous les sens. Laissez refroidir complètement. Le caramel est une préparation de sucre chauffé jusqu’à coloration dorée qui apporte une note légèrement amère et brillante.
2. Préchauffer le four
Réglez votre four à 160°C en chaleur tournante. Cette température douce permettra une cuisson homogène et délicate du bonet, évitant qu’il ne se fissure ou ne devienne granuleux. Préparez également un grand plat pouvant accueillir votre moule pour le bain-marie.
3. Écraser les amaretti
Placez les amaretti dans un saladier et écrasez-les grossièrement avec vos mains ou le fond d’un verre. Vous devez obtenir des morceaux irréguliers, certains en poudre fine, d’autres en petits éclats. Cette texture variée apportera du caractère à votre dessert. Ne cherchez pas une poudre uniforme, les petits morceaux sont les bienvenus.
4. Préparer l’appareil
Dans un grand saladier, cassez les 4 œufs et ajoutez les 150 grammes de sucre. Fouettez énergiquement pendant 2 à 3 minutes jusqu’à ce que le mélange blanchisse et devienne mousseux. Incorporez ensuite le cacao amer tamisé (passé au tamis pour éliminer les grumeaux) en mélangeant bien pour éviter les grumeaux. Versez progressivement le lait tout en continuant de fouetter pour obtenir une préparation homogène.
5. Incorporer les amaretti et le rhum
Ajoutez les amaretti écrasés dans votre appareil et mélangez délicatement à la spatule. Versez ensuite le rhum brun qui apportera sa note aromatique caractéristique. Mélangez une dernière fois pour bien répartir tous les ingrédients. Laissez reposer 5 minutes : les amaretti vont commencer à s’imbiber et ramollir légèrement.
6. Remplir le moule
Versez délicatement votre préparation dans le moule caramélisé. Tapotez légèrement le moule sur le plan de travail pour faire remonter les éventuelles bulles d’air. La surface doit être relativement lisse. Placez votre moule dans le grand plat prévu pour le bain-marie.
7. Cuire au bain-marie
Déposez le plat contenant votre moule dans le four préchauffé. Versez ensuite de l’eau chaude dans le grand plat jusqu’à mi-hauteur du moule à bonet. Cette technique du bain-marie assure une cuisson douce et régulière qui préserve la texture fondante du dessert. Laissez cuire pendant 60 minutes. Le bonet est cuit lorsqu’il est légèrement tremblotant au centre mais pris sur les bords.
8. Refroidir et démouler
Sortez délicatement le moule du bain-marie et laissez refroidir complètement à température ambiante pendant au moins 2 heures. Placez ensuite au réfrigérateur pendant minimum 4 heures, idéalement une nuit entière. Pour démouler, passez la lame fine d’un couteau entre le dessert et les parois du moule. Posez un plat de service sur le moule, retournez d’un geste franc. Le bonet se démoulera avec son caramel coulant.
Mon astuce de chef
Pour vérifier la cuisson du bonet, plantez la lame d’un couteau au centre : elle doit ressortir presque propre avec juste quelques traces humides. Si elle ressort liquide, prolongez la cuisson de 10 minutes. Le temps de réfrigération est essentiel pour obtenir la texture caractéristique du bonet, ne le négligez pas même si vous êtes pressé. Si vous n’avez pas de rhum, vous pouvez le remplacer par de l’amaretto pour renforcer la note d’amande, ou par un marsala pour une version plus traditionnelle encore.
Accompagnements sucrés pour sublimer le bonet
Ce dessert riche et chocolaté s’accompagne parfaitement d’un Moscato d’Asti, vin doux et légèrement pétillant du Piémont qui apporte une fraîcheur bienvenue. Pour une version plus corsée, optez pour un Brachetto d’Acqui, vin rouge doux aux arômes de fraise qui contraste délicieusement avec l’amertume du cacao. Les amateurs de liqueurs apprécieront un petit verre de grappa artisanale servie bien fraîche, dans la plus pure tradition piémontaise. Pour les enfants ou les personnes ne consommant pas d’alcool, proposez un chocolat chaud à l’italienne, dense et onctueux, ou simplement un café expresso serré qui nettoiera agréablement le palais.
L’info en plus
Le bonet, dont le nom dérive du piémontais signifiant « chapeau » en référence à sa forme bombée caractéristique, trouve ses origines dans les cuisines aristocratiques turinoises du XVIIIe siècle. À cette époque, le cacao était un produit de luxe réservé aux tables nobles. La recette s’est démocratisée au fil des décennies pour devenir le dessert dominical par excellence des familles piémontaises. Julie Andrieu a découvert cette version lors de son émission consacrée au Piémont, dans la cuisine familiale de Marina, qui perpétue la tradition transmise par sa grand-mère. Chaque famille possède sa propre variante : certaines ajoutent des noisettes grillées, d’autres parfument au café, quelques-unes incorporent des morceaux de chocolat noir. Le point commun reste cette texture unique, entre flan et pudding, et ce mariage singulier entre amaretti et cacao. Dans le Piémont, le bonet se déguste traditionnellement le dimanche après le repas familial, accompagné d’un vin doux local et de discussions animées autour de la table.



