Nutri-Score 2026 : le nouveau calcul européen reclasse 450 produits en supermarché dès mars

Nutri-Score 2026 : le nouveau calcul européen reclasse 450 produits en supermarché dès mars

Les rayons des supermarchés européens s’apprêtent à vivre une transformation majeure de leur étiquetage nutritionnel. Le Nutri-Score, cet indicateur coloré devenu familier pour des millions de consommateurs, évolue avec une nouvelle formule de calcul qui bouleverse la classification de centaines de produits alimentaires. Cette révision, fruit d’un travail scientifique approfondi, vise à mieux refléter les connaissances actuelles en nutrition et à guider plus efficacement les choix alimentaires des Européens.

Comprendre le nouveau calcul du Nutri-Score 2026

Les modifications apportées à l’algorithme

Le nouveau calcul du Nutri-Score repose sur une révision complète de l’algorithme initial. Les scientifiques ont ajusté les critères d’évaluation pour mieux prendre en compte certains éléments nutritionnels jusque-là sous-estimés. Parmi les changements majeurs, on note une pénalisation accrue pour les produits riches en sel et en sucres ajoutés, tandis que la présence de fibres et de protéines végétales est davantage valorisée.

Les seuils de notation ont été recalibrés selon les catégories d’aliments. Cette approche permet une évaluation plus fine et plus juste des produits transformés, en tenant compte de leur composition réelle et de leur impact sur la santé.

Les nouveaux paramètres nutritionnels privilégiés

Le système actualisé accorde une importance renforcée à plusieurs paramètres :

  • La teneur en édulcorants artificiels, désormais pénalisée
  • La qualité des matières grasses, avec une distinction entre graisses saturées et insaturées
  • Le taux de protéines végétales, valorisé positivement
  • La présence de fruits et légumes entiers plutôt que sous forme de concentrés
  • Les fibres alimentaires, dont le rôle bénéfique est mieux reconnu

Cette évolution méthodologique s’appuie sur les dernières recommandations des instances sanitaires européennes et vise à encourager une alimentation plus équilibrée et diversifiée.

Comparaison entre l’ancien et le nouveau système

CritèreAncien Nutri-ScoreNouveau Nutri-Score 2026
SelPénalisation modéréePénalisation renforcée
ÉdulcorantsNon pris en comptePénalisés
Protéines végétalesPeu valoriséesFortement valorisées
FibresBonus limitéBonus augmenté

Ces ajustements techniques traduisent une volonté d’harmoniser les pratiques à l’échelle européenne et de proposer un outil plus cohérent avec les objectifs de santé publique.

Impact sur les produits alimentaires en supermarché

Les catégories les plus touchées

Sur les 450 produits reclassés, certaines catégories sont particulièrement concernées. Les céréales du petit-déjeuner, souvent riches en sucres et en sel, subissent une dégradation notable de leur score. Les produits laitiers sucrés, comme les yaourts aromatisés et les desserts lactés, voient également leur notation évoluer défavorablement.

À l’inverse, les légumineuses, les produits à base de céréales complètes et certaines huiles végétales bénéficient d’une revalorisation. Cette redistribution des notes reflète une approche plus nuancée de la qualité nutritionnelle.

Les changements de lettre les plus fréquents

Les analyses préliminaires montrent que les migrations de catégorie suivent des tendances précises :

  • Passage du B au C pour de nombreux biscuits et gâteaux industriels
  • Glissement du C au D pour certaines charcuteries et plats préparés
  • Amélioration du D au C pour des produits enrichis en fibres
  • Promotion du C au B pour des alternatives végétales bien formulées

Conséquences pour le merchandising

Les enseignes de distribution devront adapter leur communication et leurs linéaires. Les produits arborant fièrement un Nutri-Score A ou B sur leur packaging pourraient devoir revoir leur étiquetage. Cette transition nécessite une coordination entre industriels, distributeurs et autorités sanitaires pour éviter toute confusion chez les consommateurs.

Les rayons bio et diététiques pourraient gagner en attractivité, tandis que certains produits traditionnellement positionnés comme sains devront justifier leur place.

Les produits reclassés : qui sont-ils ?

Les dégradés de score

Parmi les produits qui perdent des points figurent notamment les sodas light et les boissons édulcorées, désormais pénalisés pour leur teneur en substituts du sucre. Les pizzas surgelées, même celles présentées comme équilibrées, subissent également un déclassement en raison de leur charge en sel.

Les céréales enrichies au chocolat ou au miel, populaires auprès des enfants, voient leur notation se dégrader significativement. Cette évolution vise à alerter les parents sur la teneur réelle en sucres de ces produits.

Les promus du nouveau calcul

À l’opposé, plusieurs catégories tirent leur épingle du jeu. Les huiles de colza et de noix, riches en acides gras essentiels, obtiennent de meilleures notes. Les conserves de légumineuses nature, les compotes sans sucre ajouté et les pains complets gagnent également des places.

Les alternatives végétales aux produits laitiers, lorsqu’elles sont peu sucrées et enrichies en calcium, bénéficient aussi d’une revalorisation appréciable.

Exemples concrets de reclassement

Type de produitAncien scoreNouveau score
Céréales chocolatéesCD
Soda lightBC
Huile de colzaCB
Lentilles en conserveAA

Ces exemples illustrent la philosophie du nouveau système : favoriser les aliments bruts ou peu transformés et pénaliser les formulations industrielles complexes.

Pourquoi cette mise à jour du Nutri-Score est nécessaire ?

L’évolution des connaissances scientifiques

Les recherches en nutrition ont considérablement progressé depuis la création du Nutri-Score initial. Les études épidémiologiques ont mis en lumière l’impact négatif des édulcorants sur le métabolisme et la régulation de l’appétit. De même, le rôle protecteur des fibres contre les maladies chroniques est désormais mieux documenté.

Cette actualisation permet d’intégrer ces nouvelles connaissances et d’aligner l’outil sur les recommandations nutritionnelles les plus récentes.

Harmonisation européenne

L’un des objectifs majeurs de cette révision est de créer un standard unifié à l’échelle européenne. Plusieurs pays ont adopté le Nutri-Score avec des variantes locales, créant une confusion pour les consommateurs et les industriels opérant sur plusieurs marchés.

Le nouveau calcul vise à établir une base commune, facilitant ainsi la comparaison des produits et renforçant la cohérence des politiques nutritionnelles européennes.

Répondre aux enjeux de santé publique

Les défis sanitaires contemporains justifient pleinement cette évolution :

  • La progression constante de l’obésité et du diabète de type 2
  • L’augmentation des maladies cardiovasculaires liées à l’alimentation
  • La nécessité de réduire la consommation de sel dans la population
  • L’importance de promouvoir les protéines végétales pour des raisons sanitaires et environnementales

Le Nutri-Score actualisé s’inscrit dans une stratégie globale visant à améliorer la qualité de l’alimentation et à prévenir les pathologies nutritionnelles. Cette dimension préventive justifie les efforts déployés pour affiner l’outil et le rendre plus pertinent face aux réalités du marché alimentaire actuel.

Réactions des industriels et consommateurs face au nouveau Nutri-Score

Position des fabricants alimentaires

Les industriels affichent des positions contrastées. Certains acteurs, déjà engagés dans la reformulation de leurs produits, accueillent favorablement cette évolution qui valorise leurs efforts. D’autres, en revanche, redoutent l’impact commercial d’un déclassement et craignent des investissements importants pour adapter leurs recettes.

Les petites entreprises s’inquiètent particulièrement des coûts de mise en conformité et des délais serrés pour réétiqueter leurs gammes.

Perception des consommateurs

Les enquêtes menées auprès du grand public révèlent une adhésion globale au principe d’un étiquetage nutritionnel plus exigeant. Les consommateurs apprécient la transparence accrue et la possibilité de faire des choix plus éclairés.

Néanmoins, certains expriment une confusion temporaire face aux changements de notation de produits qu’ils consommaient régulièrement. Une période d’adaptation et une communication pédagogique seront nécessaires pour accompagner cette transition.

Mobilisation des associations de consommateurs

Les organisations de défense des consommateurs saluent majoritairement cette avancée. Elles soulignent l’importance d’un outil fiable pour lutter contre le marketing nutritionnel trompeur et plaident pour une généralisation obligatoire du Nutri-Score dans tous les pays européens.

Ces acteurs appellent également à un renforcement des contrôles pour garantir l’exactitude des informations affichées et éviter les tentatives de contournement du système.

Conséquences à long terme sur l’alimentation européenne

Vers une reformulation massive des produits

À moyen terme, le nouveau Nutri-Score devrait encourager une reformulation en profondeur de nombreux produits industriels. Les fabricants auront tout intérêt à réduire les teneurs en sel, sucres et graisses saturées pour améliorer leur notation et maintenir leur compétitivité.

Cette dynamique pourrait transformer progressivement l’offre alimentaire disponible en supermarché, avec des bénéfices potentiels significatifs pour la santé publique.

Impact sur les comportements d’achat

Les études montrent que le Nutri-Score influence effectivement les choix des consommateurs, particulièrement lorsqu’ils comparent des produits similaires. Le nouveau calcul pourrait accentuer ce phénomène et orienter davantage les achats vers des options nutritionnellement favorables.

Les produits moins bien notés pourraient voir leurs ventes diminuer, créant une pression concurrentielle favorable à l’amélioration de la qualité nutritionnelle globale.

Contribution aux objectifs environnementaux

La valorisation des protéines végétales et des produits peu transformés s’inscrit également dans une logique de durabilité. En encourageant la consommation de légumineuses et de céréales complètes, le nouveau Nutri-Score participe indirectement à la réduction de l’empreinte écologique de l’alimentation européenne.

Cette convergence entre santé et environnement constitue un atout majeur pour l’acceptabilité et la pérennité du dispositif.

Le déploiement du Nutri-Score revu marque une étape importante dans la politique nutritionnelle européenne. Les 450 produits reclassés témoignent de l’ampleur des ajustements opérés et de la volonté d’aligner l’étiquetage sur les connaissances scientifiques actuelles. Si la transition nécessite des efforts d’adaptation pour tous les acteurs, les bénéfices attendus en termes de santé publique et de transparence justifient pleinement cette évolution. L’enjeu consiste désormais à accompagner consommateurs et industriels dans cette transformation pour que le nouveau système atteigne pleinement ses objectifs préventifs et informatifs.

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